Le point sur PSA Aulnay
Hier a été remis à Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement Productif, le rapport Sartorius, du nom du rapporteur, un ingénieur Général des Mines au Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGEIET). Ce rapport Sartorius a fait la lumière sur la situation de PSA Peugeot Citroën après une mission menée de manière indépendante. Ses conclusions sont désormais connues.
"Le rapport a mis en évidence que le groupe PSA se trouve dans une situation financière et industrielle difficile. Le groupe PSA a connu une baisse de ses ventes qui s'explique à la fois par un marché européen en repli et par une diminution de sa part de marché. Ceci a entraîné une dégradation de ses résultats financiers, ainsi qu'une sous-charge chronique de ses usines de production de véhicules. Le rapport pointe également une internationalisation limitée et l’absence de partenariats industriels structurants. Il regrette enfin une politique active de distribution de dividendes et de rachat d'actions.
Compte tenu de ces difficultés financières et industrielles, le rapport ne conteste pas la nécessité, dans son principe, d'un plan de réorganisation des activités industrielles et de mesures de redressement. Le rapport observe que d’autres choix industriels auraient pu être faits dans le cadre d’une analyse d’ensemble des capacités productives de PSA en Europe, qui auraient offert davantage d’options aujourd’hui.
Sur la base de ce rapport et en écho aux positions constantes du gouvernement, le Ministre du redressement productif en appelle à un dialogue social exemplaire et transparent afin d’examiner les différentes options, visant à renégocier, reformater et réduire ce plan social. Le plan de redressement devra être strictement proportionné à la situation réelle du groupe pour limiter les conséquences négatives sur l’emploi. Chaque salarié concerné par le plan devra trouver une solution d’emploi. L’activité des sous-traitants directs et indirects concernés devra être préservée." (source : CP du Ministère du Redressement Productif)
Ce rapport a forcément fait réagir. Les salariés et les syndicats s'insurgent d'ores et déjà de ses conclusions et exhortent l'Etat à "se mouiller" ainsi qu'à "bloquer le plan social" comme le souligne Jean-Pierre Mercier (CGT). Selon lui, dans un entretien accordé à l'Expansion, "l'usine d'Aulnay est viable au moins jusqu'en 2016" et il ne compte pas laisser "les salariés aller à l'abattoir sans rien dire, ni rien faire". De son côté, François Chérèque (CFDT) attend du gouvernement une vraie relance de politique industrielle, alors que Bernard Thibault (CGT) "ne pense pas que l'épisode Aulnay est clos et que la décision n'est pas irrémédiable". Les prochains jours devraient nous renseigner sur la suite des événements.




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